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Evolution des taux

Suivre l'évolution des taux variables de crédit immobiliers en fonction de la conjoncture économique


La zone Euro au coeur des turbulences

Publié par Letaux sur 19 Mai 2010, 15:40pm

Catégories : #Dette publique

 La zone Euro au coeur des turbulences

 

Toutes les places boursières continuent de reculer, et le CAC40 va peut-être céder aujourd'hui sous les 3 500 points (15h30 = 3 540 pts soit -2,1 %).

 

L'Euribor remonte dans toutes ses maturités (sauf le très court terme à 1 semaine) :

 

 

 Tableau de l'Euribor du 19 mai 2010

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

 

L'Oat / Tec 10 ans était stable depuis le début de la semaine, 3,13 % lundi et mardi. Depuis hier un vent de panique souffle sur l'Europe et ses investisseurs, l'indice passe aujourd'hui à 3% tout rond.

 

19/05/2010 3,00 TEC_10
18/05/2010 3,13 TEC_10
17/05/2010 3,13 TEC_10
14/05/2010 3,14 TEC_10
13/05/2010 3,20 TEC_10

 

 

 

Suite à l'effet d'annonce d'Angela Merkel et l'Allemagne d'encadrer strictement les transactions purement spéculatives à haut risque et d'en interdire carrément certaines (ventes à découvert sur les CDS notamment). C'est la douche froide donc pour les investisseurs, destabilisés par cette décision choc, et qui va s'étendre vraisemblablement à toute l'Europe (puis le monde entier ?), tant l'Allemagne agit en tant que moteur avec la France, puis les USA sur les questions de réglementation.

 

La sophistication financière est à l'origine de la crise, en a été le révélateur. Il en va de la survie pure et simple du modèle libéral européen actuel. L'Europe souffre plus qu'ailleurs car sa monnaie, commune, n'est accompagnée d'aucune autre mesure concrète de coordination des politiques monétaires, hormis bien-sûr l'action frileuse et à retardement de JC. Trichet et la BCE, dont les statuts ne cessent de changer depuis 6 mois tant sa structure est inadaptée à la réalité.

 

La reprise toute relative connue actuellement, surtout aux USA dirons-nous, est en danger, et la crise n'est en tout cas pas finie. L'Europe s'est révélée trop fragile devant des marchés déboussolés. Souvent abordé dans ce blog, le transfert de la dette -privée- des banques vers une dette -publique- des Etats n'a pas été maîtrisé ou en tout cas pas suffisamment compensé en Europe avec une disparité si écrasante entre les Etats composant la zone Euro.

  

Malheureusement les maux dont souffrent les banques n'ont pas seulement été transférés avec la dette aux Etats. En quelque sorte un dédoublement de ces maux est à présent accroché aux Etats, on assiste à une corrélation très forte désormais entre banques et Etats : En France par exemple, c'est comme si chaque banque -privée- avait en filigrane une seconde enseigne au nom de la Banque de France, et en grattant encore une 3e enseigne "BCE".

Le principe du "too big to fail" américain ("Trop gros pour disparaître") qui a pu sauver en 2008 les monstrueuses Freddie Mac et Fanny Mae d'une déroute plus globale des Etats-Unis et de millions de foyers, s'applique aussi en Europe mais avec une inertie bien trop pesante pour en porter les fruits et venir ensuite fournir un soutien en retour à l'économie.

 

Nous l'avons vu, les banques ont très vite renoué avec les bénéfices après avoir été renflouées par les Etats, grâce d'ailleurs à la politique de taux d'intérêts très bas (merci à la BCE).

 

Mais les banques sont toujours aussi fragiles, car détiennent des portefeuilles imposants de titres souverains. Nous voyons également au quotidien avec le suivi de l'Euribor et des Oat, qu'une crise de liquidités pourrait survenir à nouveau à tout moment, surtout dans ce contexte d'affolement des investisseurs face au risque et préférant se réfugier dans des valeurs dites plus "sûres" (obligations allemandes, françaises, hollandaises, ...)

 

A tout cela il ne faut pas oublier d'ajouter que les plans de rigueur des Etats, bien que salués unanimement, et indispensables au soutien des marchés obligataires, vont freiner la croissance si faible et ténue que l'Europe connaît en ce moment.

 

Le chemin risque d'être long avant un retour de croissance réel avec des bases fortes. Quelqu'un veut-il une autre aspirine ? 

 

 

 

 


Nota : Les pages éditées dans ce blog reflètent des opinions personnelles, et ne sont en aucun cas des recommandations ou façons de procéder. Ce blog est non professionnel et son auteur n'incite en aucune façon ses lecteurs à suivre son point de vue. 

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L
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Votre blog concernant les taux est très intéressant.<br /> <br /> Je vous invite sur mon blog :<br /> http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/<br /> <br /> Cdt,<br /> <br /> LC<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Bravo pour votre blog. Clair et bien structuré, vous faites une bonne synthèse de ce qui se dit sur la "blogosphère" économique (Utilisons les mots modernes, à la mode !!)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bonne continuation<br /> <br /> <br /> Luc <br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Ok. Par conséquent, moi qui suis en taux variable au crédit immo de France (euribor 1 an + 1,90) je fais donc bien de renégocier actuellement le rachat avec ma banque. Sachant qu'avec un Euribor<br /> bas ma prochaine révision en juin me fera encore baisser mon crédit et mon dilemne était de savoir si je restais encore un an au CIF à profiter de cette baisse (avec peut être de sueurs froides<br /> dans un an) ou si j'optais pour plus de sécurité dès maintenant. Votre réponse m'apporte la solution. Merci<br /> N'empêche que d'incertitudes en ce moment.....je vais reprendre une aspirine :)<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Très bonne analyse de la situation ! Le niveau si bas des taux fixes vous permet je suppose de garder un avantage certain (baisse de durée, mensualités entre autres), et donc de sécuriser un<br /> nouveau prêt en fixe, qui va aussi vous faire gagner dans les années à venir avec un retour attendu de l'inflation !<br /> <br /> <br /> Un autre conseil plus général sur la finance, le patrimoine : Réaliser des gains est une chose, le plus dur est de les sécuriser ensuite. C'est pourquoi parfois il est plus avisé de se<br /> contenter de ce que l'on a déjà engrangé, plutôt que de rester sur ses positions et attendre d'autres gains potentiels, pour du coup mettre tout en péril !  C'est le dilemme du<br /> spéculateur tantôt trader carnassier, tantôt bon père (ou mère) de famille, mais toujours avec des prises de bénéfices au moment jugé personnellement opportun.<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Bonjour. Vous parlez d'uen nouvelle crise de liquidités. Est ce à dire que l'euribor et l'OAT vont encore baisser (on croyait que les planchers étaient atteints) ou au contraire va-t-on vers une<br /> remontée?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> S'il y avait de nouveau une crise de liquidités en Europe, cela signifierait que les banques rechignent à se prêter entre elles (marché interbancaire exsangue). La BCE serait alors obligée<br /> d'intervenir pour injecter des sommes énormes et d'agir en intermédiaire dans les échanges.<br /> <br /> <br /> Cela correspond à la situation observée parfois sur le doublement en 1 journée de l'Eonia (très volatile, et base de calcul de l'Euribor).<br /> <br /> <br /> Dans cette situation l'Euribor remonterait par effet mécanique, et tant que la tension sur les échanges entre banques se ferait sentir. Les taux longs Oat remonteraient aussi mais de façon<br /> indirecte, par des rendements d'obligations moins intéressants dus à une aversion au risque des investisseurs et à la correction des valeurs bancaires.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />

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