Toutes les places boursières continuent de reculer, et le CAC40 va peut-être céder aujourd'hui sous les 3 500 points (15h30 = 3 540 pts soit -2,1 %).
L'Euribor remonte dans toutes ses maturités (sauf le très court terme à 1 semaine) :
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L'Oat / Tec 10 ans était stable depuis le début de la semaine, 3,13 % lundi et mardi. Depuis hier un vent de panique souffle sur l'Europe et ses investisseurs, l'indice passe aujourd'hui à 3% tout rond.
| 19/05/2010 | 3,00 | TEC_10 |
| 18/05/2010 | 3,13 | TEC_10 |
| 17/05/2010 | 3,13 | TEC_10 |
| 14/05/2010 | 3,14 | TEC_10 |
| 13/05/2010 | 3,20 | TEC_10 |
Suite à l'effet d'annonce d'Angela Merkel et l'Allemagne d'encadrer strictement les transactions purement spéculatives à haut risque et d'en interdire carrément certaines (ventes à découvert sur les CDS notamment). C'est la douche froide donc pour les investisseurs, destabilisés par cette décision choc, et qui va s'étendre vraisemblablement à toute l'Europe (puis le monde entier ?), tant l'Allemagne agit en tant que moteur avec la France, puis les USA sur les questions de réglementation.
La sophistication financière est à l'origine de la crise, en a été le révélateur. Il en va de la survie pure et simple du modèle libéral européen actuel. L'Europe souffre plus qu'ailleurs car sa monnaie, commune, n'est accompagnée d'aucune autre mesure concrète de coordination des politiques monétaires, hormis bien-sûr l'action frileuse et à retardement de JC. Trichet et la BCE, dont les statuts ne cessent de changer depuis 6 mois tant sa structure est inadaptée à la réalité.
La reprise toute relative connue actuellement, surtout aux USA dirons-nous, est en danger, et la crise n'est en tout cas pas finie. L'Europe s'est révélée trop fragile devant des marchés déboussolés. Souvent abordé dans ce blog, le transfert de la dette -privée- des banques vers une dette -publique- des Etats n'a pas été maîtrisé ou en tout cas pas suffisamment compensé en Europe avec une disparité si écrasante entre les Etats composant la zone Euro.
Malheureusement les maux dont souffrent les banques n'ont pas seulement été transférés avec la dette aux Etats. En quelque sorte un dédoublement de ces maux est à présent accroché aux Etats, on assiste à une corrélation très forte désormais entre banques et Etats : En France par exemple, c'est comme si chaque banque -privée- avait en filigrane une seconde enseigne au nom de la Banque de France, et en grattant encore une 3e enseigne "BCE".
Le principe du "too big to fail" américain ("Trop gros pour disparaître") qui a pu sauver en 2008 les monstrueuses Freddie Mac et Fanny Mae d'une déroute plus globale des Etats-Unis et de millions de foyers, s'applique aussi en Europe mais avec une inertie bien trop pesante pour en porter les fruits et venir ensuite fournir un soutien en retour à l'économie.
Nous l'avons vu, les banques ont très vite renoué avec les bénéfices après avoir été renflouées par les Etats, grâce d'ailleurs à la politique de taux d'intérêts très bas (merci à la BCE).
Mais les banques sont toujours aussi fragiles, car détiennent des portefeuilles imposants de titres souverains. Nous voyons également au quotidien avec le suivi de l'Euribor et des Oat, qu'une crise de liquidités pourrait survenir à nouveau à tout moment, surtout dans ce contexte d'affolement des investisseurs face au risque et préférant se réfugier dans des valeurs dites plus "sûres" (obligations allemandes, françaises, hollandaises, ...)
A tout cela il ne faut pas oublier d'ajouter que les plans de rigueur des Etats, bien que salués unanimement, et indispensables au soutien des marchés obligataires, vont freiner la croissance si faible et ténue que l'Europe connaît en ce moment.
Le chemin risque d'être long avant un retour de croissance réel avec des bases fortes. Quelqu'un veut-il une autre aspirine ?
Nota : Les pages éditées dans ce blog reflètent des opinions personnelles, et ne sont en aucun cas des recommandations ou façons de procéder. Ce blog est non professionnel et son auteur n'incite en aucune façon ses lecteurs à suivre son point de vue.